L’année du lapin

Expérimentation autour des notions d’hybridité et de pratiques aléatoires programmées.

L’image utilisée est une gravure sur bois de Gustave Doré, issue d’un recueil des Fables de La Fontaine publié en 1867.

L’hybridité vient de la variété de médiums d’impression, certains très anciens et d’autres contemporains, combinés pour composer cette image, mais aussi de l’alliage de plusieurs images, dont la rencontre était imprévisible, « [belle] comme la rencontre fortuite sur une table de dissection d’une machine à coudre et d’un parapluie. » (​​Les chants de Maldoror d’Isidore Ducasse, dit comte de Lautréamont, 1867)

Celle-ci a été imprimée en risographie en bleu nuit en 10 exemplaires, sur une série de feuilles qui comportaient déjà chacune une série de motifs superposés de manière aléatoire. En effet, nous gardons systématiquement plusieurs versions de chaque image ou texte imprimé afin de les associer et de provoquer une richesse intertextuelle dans chaque image finale, qui est unique malgré le processus de reproduction à grande échelle utilisé, nourrissant ainsi une démarche aléatoire programmée. Dans l’exemple ci-dessus, la gravure illustrant la fable de la Fontaine « Les Lapins » est superposée à une photographie de paysage québécois enneigé (en rose), et à un élément purement graphique, un cercle jaune décliné sous deux niveaux de transparence. La superposition du jaune et du rose ajoutent un motif orange par endroit. Chaque impression de la série est différente, mêlant d’autres textes et d’autres images dans un nouveau palimpseste.