Expérimentation avec le code binaire

Nous nous sommes d’abord penché·es sur le fonctionnement du code QR, un outil répandu qui incarne le passage de l’imprimé vers le numérique. Cet outil a beaucoup de similitudes avec le lien hypertexte, à la différence que l’accès au contenu se fait à partir de l’appareil photo d’un cellulaire. C’est ce dispositif de lecture qui nous a intéressé·es en premier lieu.

Sommairement, le fonctionnement d’un code QR se base sur des compositions en pixels noir et blanc, appelés octets. Différents motifs permettent de valider l’alignement, le temps de lecture et la position dans l’espace du code QR. Chaque groupe de 8 bits forme un octet, et dans cet octet, la lecture des cases se fait de droite à gauche et de haut en bas, comme en zigzag. Lorsqu’on arrive en haut de ligne, la lecture se poursuit vers la gauche pour ensuite redescendre, en suivant l’ordre de lecture de droite à gauche. C’est dans cet octet qu’on retrouve une information ou un caractère. Les bits se basent sur le système binaire, c’est-à-dire que le blanc correspond à la valeur 1, tandis que le noir correspond à la valeur 0. Leur position indique respectivement la présence ou l’absence d’une base 2. La somme de ces valeurs indique une décimale à partir de laquelle il est possible de faire une correspondance avec la table ASCII, qui indique le code associé à chaque caractère typographique.

En se basant sur ces recherches, Myriam a créé une animation qui génère le code QR par le changement de position des lettres H-Y-P-E-R-C-O-D-E-X à l’intérieur de la grille. Les caractères qui se déposent dans la grille laissent apparaître les pixels qui se trouvent au-dessous de ces mêmes caractères, comme s’il s’agissait d’une impression (trace). Le but est de faire bouger les lettres dans la grille de sorte à générer le code QR complet.


Judith et Tucker ont de leur côté combiné code binaire et presse typographique pour créer une impression sans encre reprenant le nom du projet de recherche-création Hypercodex. L’impression papier de ce langage de programmation se voulait une première exploration de l’hybridité entre l’usage traditionnel de la presse typographique et celui du numérique.